Feuilles de nénuphars abîmées : des traces sinueuses altèrent la surface des feuilles de nénuphars. Quel insecte est à l'origine de cette attaque ?

Des traces sinueuses altèrent la surface des feuilles de nénuphars. On dirait des « gribouillages ». Certaines feuilles sont tellement abîmées qu'elles finissent par pourrir.

Il s'agit des larves d'un petit coléoptère appelé galéruque du nénuphar. On dirait des « gribouillages ». Ces larves noires creusent des galeries dans les feuilles, en laissant la face inférieure des feuilles intacte : les larves n'aiment pas se mouiller !

larves coléoptère

Larves galéruque du nénuphar

Les nénuphars sont des plantes robustes qui sont rarement atteints de maladies.

À cette règle toutefois, il existe une grande exception : ils ne résistent pas à la voracité des larves de la galéruque du nénuphar. Ces larves noires creusent des galeries dans les feuilles, en laissant la face inférieure des feuilles intacte : les larves n'aiment pas se mouiller !

Les larges comme les coléoptères adultes (les imagos) grignotent la face supérieure des feuilles. Les coléoptères percent des trous dans les feuilles. Ils ne sont pas très voraces et causent peu de dégâts. Les larves, en revanche, creusent des galeries sinueuses, plus ou moins longues.

Mais elles n'attaquent pas la face inférieure des feuilles. Après quelques jours, les feuilles attaquées brunissent, surtout par temps chaud. Fortement abîmées, elles finissent par pourrir. Quand les larves s'attaquent aux boutons floraux, ils sont parfois tellement abîmés que la fleur est totalement déformée en s'ouvrant.

Comment s'en débarrasser ?

L'élimination mécanique apparaît comme la meilleure solution. Mais il n'est pas toujours facile de déloger les coléoptères et les larves à l'aide du tuyau d'arrosage. C'est plus facile avec les pucerons, qui servent de festin aux poissons. Les galéruques qui échappent aux poissons parviennent toutefois à remonter sur une feuille de nénuphar.
Dans les petits bassins, plus faciles d'accès, la meilleure méthode consiste à retirer ou écraser à la main les larves, nymphes et coléoptères. Mais tout le monde n'a pas nécessairement le courage de répéter l'opération régulièrement. Un liquide de couleur orange sort de l'insecte quand on l'écrase. C'est un travail fastidieux et l'accessibilité peut poser problème. Dans les grands étangs, il n'est pas toujours facile d'accéder aux nénuphars pour traiter les feuilles une par une. Une autre solution consiste tout simplement à immerger les feuilles pendant une journée dans l'eau. Les petites bêtes ne peuvent pas respirer sous l'eau et seront mangées par les poissons. Pour maintenir les feuilles temporairement sous l'eau, vous pouvez par exemple poser du grillage par-dessus.

Il existe également des traitements biologiques basés sur l'utilisation de la bactérie Bacillus thuringiensis (commercialisés sous le nom de Xentari, Novodor, Scutello ou Agbac). La préparation doit être diluée dans l'eau puis pulvérisée sur les feuilles.

Les coléoptères adultes passent l'hiver dans des tiges creuses ou des feuilles mortes tombées au bord de l'eau. En cas d'invasion, il est recommandé de couper dès l'automne les tiges des plantes de berges et de ramasser les feuilles mortes. Ces déchets végétaux doivent ensuite être brûlés pour tuer les coléoptères et éviter leur prolifération.

Le nom scientifique de la galéruque du nénuphar est Galerucella nymphaeae. Il s'agit d'un petit coléoptère de 6-8 mm de long, au corps ovale et allongé, de couleur jaune-brun. Les œufs sont sphériques et d'un blanc opalin, avec une surface légèrement ridée. Ils sont déposés sur les plantes qui sont hors de l'eau, par grappes de 10 à 15 exemplaires. Au cours de sa vie, la femelle pond 40 à 60 œufs, à quelques jours d'intervalle. La maturation des œufs dure 5 à 10 jours, en fonction de l'ensoleillement. Arrivés à maturité, les œufs deviennent gris. Les larves sont cylindriques et de couleur noire. Elles subissent trois mues. La larve adulte mesure 8 à 10 mm de long et possède trois paires de pattes. La nymphe, qui est de couleur jaune-orangé, est accrochée sur le dessus de la feuille. Au bout d'une semaine, la métamorphose est achevée et le petit coléoptère sort de son enveloppe nymphale. Dans nos régions, plusieurs générations peuvent se succéder chaque année, au point de constituer un véritable fléau.

Des galeries sinueuses
Nymphe galéruque du nénuphar
Galéruque du nénuphar